Depuis toujours, la mer est un immense lieu d’activités humaines. Les hommes circulent en surface, exercent des activités commerciales et industrielles, pratiquent des loisirs…

Alors que ces activités ont nécessité toute une série d’aménagements sur les côtes et sur l’eau (ports, balises, signalisation…) et qu’il existe une réglementation de la circulation maritime, personne n’avait songé à équiper la mer de… poubelles.

Or, il est de notoriété publique que toute activité humaine s’accompagne de son lot de déchets. La mer n’échappe pas à cette triste règle puisque les déchets ménagers constituent l’un des désagréments les plus polluants du milieu aquatique. La plupart de ces derniers proviennent des bateaux qui pratiquent le tourisme itinérant.

Une question fondamentale pour la défense de l’environnement maritime se pose alors : que faire de ses déchets lorsque l’on est sur un voilier et que l’on mouille en dehors des ports ?

Une entreprise d’insertion corse, Operata, a trouvé une réponse adéquate et somme toute de bon sens, en inventant la première poubelle de la mer…

Il s’agit d’un simple collecteur de déchets domestiques destiné aux plaisanciers. Ce dernier, baptisé Obell, est formé d’un flotteur, ancré, surmonté d’un bac de récupération cylindrique, divisé en compartiments munis d’un sac (soit six sacs de 200 litres). Des pare-battages permettent à tout type de bateau de s’en approcher sans risque…

Cette « poubelle des mers » est insubmersible et résiste à des vents de 150 km/h et à une houle de 2 mètres. La nuit, du haut de son mât central, un éclairage autonome (batterie rechargeable par cellules photovoltaïques fonctionnant donc par énergie solaire) signale sa présence aux bateaux avoisinants. A l’image de nos poubelles urbaines, des éboueurs viennent par la suite récupérer les sacs grâce à une porte aménagée dans la paroi latérale du bac.

Ce système, breveté, demeure actuellement l’unique moyen pour que cesse le déversement des rejets domestiques dans les eaux territoriales et participe ainsi à la protection de l’environnement avec une maîtrise de la pollution à sa source, c’est-à-dire l’homme. Ainsi, le nombre de déchets flottants dans les eaux de baignade ou échoués sur les plages se trouve limité.

Pour s’en assurer, il suffit de constater les résultats de cette initiative : ce sont près de 30 000 personnes par saison qui accostent une Obell. Cela représente jusqu’à 100 bateaux par jour… Ainsi, une Obell permet de récupérer près de 12 tonnes de déchets en une saison soit 20 m3 par mois dont 3,5 tonnes de verre, 2 tonnes de fermentescibles, 1,5 tonnes de plastique et près de 6 000 canettes...


Les nombreux atouts de l’Obell -la prévention des pollutions, l’aménagement des plans d’eau, un confort pour les plaisanciers, une réduction des coûts (les actions correctives étant plus onéreuses), une forte réduction des nuisances (intervention à la source), la possibilité de collecte sélective, la création d’emplois nouveaux - ont su attirer les municipalités côtières puisque, après avoir été testé durant quatre ans en Corse, nous pouvons maintenant retrouver ces « poubelles » sur plusieurs côtes françaises, espagnoles et des Caraïbes.

En ces temps difficiles pour nos côtes et pour le biotope marin, nous ne pouvons que nous réjouir d’une telle initiative…

 

Source : www.obell.com

 

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