Quel
étrange similitude entre le spam et le traditionnel courrier
non adressé (imprimés publicitaires notamment). Lun
vous arrive par votre mailbox **
électronique, lautre
par votre boîte aux lettres physique.
Lun comme lautre se retrouve mélangé au
beau milieu de votre courrier habituel, à tel point quil
vous est nécessaire de procéder à une séparation
rigoureuse entre les deux catégories sous peine de laisser
passer le petit mot damour de votre fiancée, ou bien
encore votre dernière facture de téléphone.
Si la publicité fait partie des pratiques commerciales de
notre temps, il ne faut pas oublier que lélimination
des e-mails ou des prospectus en papier a un coût. Dans un
cas, on parle de millions de méga-octets engorgeant les serveurs
des fournisseurs de services Internet (le spam représente
plus de 50 % de la messagerie électronique !), dans lautre
il sagit de milliers de tonnes de papier quil faut collecter
et recycler.
Un jour ou lautre, il faudra bien que les annonceurs participent
aux frais.
* e-mail non sollicité
** boite aux lettres électronique
:
La consigne, toujours aussi controversée
Nouvelles mesures en Allemagne
Depuis
Janvier 2003, lAllemagne est le théâtre dune
réaction virulente de la part des professionnels de lemballage
et des fabricants de boissons.
Connue pour sa haute conscience environnementale, lAllemagne
a décidé en effet de passer à une étape
supérieure en instaurant une consigne obligatoire (25 à
50 cents) sur les cannettes de boissons et bouteilles plastique
non réutilisables.
La mesure a été pour le moins surprenante, sachant
quaucune disposition préalable navait été
adoptée pour assurer une collecte au niveau national des
emballages vides. En conséquence, seul le lieu de vente de
la cannette, par exemple, acceptait la reprise. Se trouvant dans
limpossibilité de récupérer leur consigne
auprès dun quelconque autre point de vente, les consommateurs
ont purement et simplement cesser leurs achats. Résultat
: chute de plus de 50 % des volumes de ventes de cannettes, mesures
de chômage technique chez les fabricants, mise en difficulté
dune grande partie de filière brassicole, débouché
important pour ce type demballage.
La situation devrait progressivement se régulariser au cours
des prochains mois car, sous la pression de la Commission Européenne,
lAllemagne a été sommée de mettre en
place un système de collecte national. Celui-ci est désormais
en application depuis début Octobre 2003, avec un réseau
de points de vente qui devrait continuer à sétoffer.
France Allemagne : deux politiques opposées
Alors quau début des années
1990, la France abandonnait définitivement le système
de la consigne, lAllemagne votait en 1991 un décret
annonçant un renforcement éventuel de celle-ci , en
cas de non-respect par les fabricants de boissons dun seuil
minimal de 72 % de contenants réutilisables mis en circulation.
Lintention était clairement de limiter lexpansion
des emballages à usage unique.
Le développement formidable des bouteilles en plastique et
des cannettes en métal au cours des années 1990 a
eu rapidement raison des quotas fixés.
Faute dentente avec les industriels après 3 années
de négociations (de 1998 à 2001) et nayant pas
réussi à légiférer sur ce sujet, le
gouvernement imposa en 2002, conformément aux dispositions
du décret de 1991, la consigne obligatoire sur les emballages
de boissons non réutilisables (sauf briques alimentaires
en carton et bouteilles en verre de vins, spiritueux et boissons
diététiques).
Dans un pays où lon estime à moins de 5 % la
part des déchets demballage finissant en décharge,
la mesure peut paraître draconienne.
Sans ambiguïté, elle vise à promouvoir la réutilisation
plutôt que le recyclage (que celui-ci se fasse sous la forme
dune valorisation matière ou énergétique).
Réutilisation contre recyclage
Considéré de façon
isolé, ce choix de la réutilisation est probablement
le meilleur, car la durabilité des biens est un des facteurs-clé
de contribution à la préservation de lenvironnement
(plus un objet est utilisé longtemps, moins il y a de matière
consommée et de déchets générés
du fait de son remplacement).
Or , les emballages en plastique ou métal ne répondent
pas à ce critère de durabilité, car leur réutilisation
est limitée, avant tout pour des raisons phytosanitaires.
Ceci démontre bien la volonté du gouvernement de privilégier
le traditionnel emballage en verre.
Se pose dès lors le problème qui a justement contribué
à labandon de la consigne en France : le rapport coût-impact
environnemental du retour (généralement par la route),
vers le lieu de remplissage, des bouteilles collectées ainsi
que le coût du lavage de ces emballages.
Un fabricant de boissons comme Coca-Cola na généralement
quune seule unité dembouteillage par pays. Il
en est de même pour les eaux de source qui commercialisent
bien souvent sur lensemble du territoire, ce qui implique
des distances parcourues très longues.
La politique de la consigne se résume donc en un conflit
entre impact environnemental lié au transport des bouteilles
collectées et impact environnemental du recyclage, quelle
que soit sa forme. Il est encore difficile de se prononcer avec
certitude sur le choix le plus viable dun point de vue écologique,
tant le nombre de paramètres à prendre en considération
est important.
Un fait est certain : lindustrie de laluminium
principal matériau utilisé pour la fabrication des
cannettes de boisson est extrêmement consommatrice
dénergie et en outre fortement polluante. Elle contribue
de façon majeure à la génération des
gaz à effet de serre dorigine industrielle.
Noublions pas que lEurope est signataire des accords
de Kyoto
:
Les piles, toute la puissance du déchet
Aussi
petites soient-elles, les piles renferment un nombre impressionnant
de métaux et substances chimiques qui à force
daccumulation deviennent réellement néfastes
pour lenvironnement.
Le dépôt des piles usagées dans les bornes de
collecte placées chez les commerçants ou en déchèteries
savère dune impérieuse nécessité
pour endiguer les problèmes de pollution inévitables
à long terme (sols et eaux principalement, pouvant même
entraîner des risques de malformations chez les nouveaux-nés).
Xavier HEUDE